mardi, janvier 10, 2012

La TVA spatiale ?

La dépense annuelle de mobile en France est d'un peu plus de 20 Milliards. Si la baisse de 50 % de Free leur bénéficie (soit directement, soit parce que leur opérateur s'ajuste), il gagnent l'équivalent d'une baisse de 1,5 points de TVA !

Autrement dit, Free a inventé la "TVA spatiale", puisque celà équivaut à transférer 1,5 points de TVA sur les martiens...

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dimanche, décembre 18, 2011

Dette publique : entrée gratuite, sortie payante ?

La crise grecque a déclenché une spirale de doutes profonds sur les dettes publiques de l'ensemble de la zone euro. Comme souvent, les marchés et l'opinion sont passés d'un optimiste béat (l'augmentation de la dette et les faibles efforts de contrôle des déficits sont un fait depuis près de 40 ans, sans que grand monde ne s'en soit tellement soucié) à un pessimisme catastrophiste (même si le cas grec sortait de la norme, la zone euro, présente dans son ensemble un niveau de dette qui n'est pas insoutenable). Au passage, ceux qui ont accompagné ou profité de l'augmentation passée de la dette spéculent désormais sur son effondrement !

A titre personnel, je suis plutot partisan de comptes équilibrés, et pense qu'il est absolument nécessaire de veiller à l'équité entre générations. Mais il faut raison garder. D'abord, l'examen des épisodes de désendettement passés est relativement rassurant : peu de défauts, et de nombreux épisodes de réduction progressive. Comme le montre en effet l'excellent article  de S. M. A. Abbas, N. Belhocine, A. El-Ganainy et M. Horton, l'écrasante majorité des épisodes de désendettement public s'est faite sans défaut :


Comme le confirme une arithmétique simple, il n'y a pas besoin de faire des choses extraordinaires pour revenir à des niveaux de dette modérés : il suffit d'un point d'inflation supplémentaire sur 25 ans pour ramener la dette de 90 points de PIB à 70 points, et si l'on y ajoute un point de PIB d'effort budgétaire (en plus des efforts normalement prévus pour ramener le deficit au niveau où la dette se stabilise) sur la meme durée, la dette finit à 48 points de PIB...

Car la dette n'est un problème que lorsqu'il n'existe aucune issue pour la rembourser ou si son poids devient insoutenable. Ainsi, une personne disposant du revenu médian français (24.000 euros/an) et qui s'endette sur 30 ans pour acheter une maison à 160.000 euros a au début une dette égale à 666 % de son "PIB" à elle. Des cas comme celui-ci il y en a des centaines de milliers par an sans que celà ne mette en risque le système bancaire !

Le problème ne se pose que si la personne en question se met à trop dépenser (et n'a plus assez d'argent pour rembourser ses mensualités), ou si son revenu n'augmente pas assez par rapport au niveau de la dette (ce qui revient à dire que l'inflation n'est pas suffisante). Mais tant que la maison est solide, la dette n'est pas une soucis, dès lors que chacun est convaincu qu'elle se place sur un chemin de maîtrise crédible et juste, notamment vis-à-vis des générations futures.


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mardi, novembre 15, 2011

Pendant la crise, l'avenir continue !

Article publié ce jour dans Les Echos avec Fabrice Heyries.

Pendant la crise, l'avenir continue !

La crise appelle des réponses immédiates en matière sociale et économique. Mais elle est surtout le symptôme d'une surdose de court-termisme : avoir cru que les entreprises ou l'immobilier pourraient rapporter durablement 15 % avec une croissance de 3 %. Avoir cru que les déficits publics pouvaient durablement s'accumuler sans que les prêteurs s'en soucient. Pour sortir définitivement de la crise, c'est cette logique qu'il faut inverser.
Il fut un temps où les décisions de court terme étaient prises en regardant le long terme, plutôt que l'inverse. Où le Commissariat au Plan faisait partie des institutions qui pesaient le plus et où les travaux qu'il dirigeait fixaient un cap. Entre ceux qui voient dans l'Etat la source de tous les maux et ceux qui y voient la solution de tous les problèmes, on perçoit désormais difficilement une réelle stratégie partant d'un diagnostic sans complaisance des faits pour en déduire des propositions réalistes et bouclant l'équation budgétaire.
Nous sommes arrivés au curieux paradoxe dans lequel les multinationales, censées être instrumentalisées par des fonds de pension court-termistes, pratiquent régulièrement des revues stratégiques, alors que l'Etat, supposé incarner le long terme, s'en est privé. Pourtant, les faits sont là : une étude de 2007 de la « Harvard Business Review » confirme le lien vertueux qui lie la compétitivité d'un pays aux moyens consacrés à son avenir (recherche, éducation, investissements, etc.). Et les travaux de la commission du grand emprunt ont montré que la France s'appauvrit autant par des dépenses de fonctionnement excessives qu'en sous-investissant.
Pourquoi la décision publique fait-elle aussi peu de cas du long terme ? La première raison est méthodologique : les coûts se lisent facilement dans les comptes, l'impact futur se lit péniblement dans des prévisions contradictoires. Prenons le cas de l'aide aux démunis : la détresse des personnes est visible et le coût des mesures qui y répondent à court terme est mesurable. Mais on ne s'est donné que peu de moyens pour identifier et évaluer les mesures permettant de sortir de cette situation. La réponse à cette objection est claire : plus de moyens à l'évaluation des effets à court et à long terme des politiques publiques pour aller « au-delà des comptes ».
L'autre raison est institutionnelle. Les politiques doivent répondre aux problèmes immédiats, mais sont peu questionnés sur l'impact à long terme. Ainsi, chacun reconnaîtra la nécessité de traiter la situation des déserts médicaux et d'assurer la présence de médecins sur l'ensemble du territoire. Y parvenir suppose des décisions difficiles : les perdants auront accès à tous les médias, alors que les gagnants à long terme s'ignoreront. Et il n'y a pas d'institution ou de « parti du long terme » qui ferait de cette masse silencieuse son coeur de cible et bien peu de débats sur ces questions.
Regardons l'exemple du Danemark, qui a mis en place un Conseil de la mondialisation, composé d'experts de toutes nationalités, qui a mené des travaux visant à prendre les décisions permettant au pays de tirer le meilleur parti possible de la mondialisation, dans un climat de débat public ouvert et largement apolitique. Ces travaux ont ensuite permis d'orienter une stratégie vers l'économie de la connaissance, l'innovation et l'entrepreneuriat.
Que faut-il à la France pour en faire de même ? D'abord, un diagnostic non partisan et régulier des enjeux, forces, faiblesses, opportunités et menaces pour notre pays à moyen et à long terme, idéalement publié avant l'élection présidentielle -comme le furent les travaux du rapport « France 2025 : un diagnostic stratégique » ou ceux du Conseil d'orientation des retraites. Ensuite, un débat politique qui permette de choisir des priorités et la personne qui les mettra en place. Après les élections, une commission similaire à ce que fut la commission Attali, qui détaille un plan d'action de mandat, accompagné d'une revue des politiques publiques pour réaliser les redéploiements nécessaires pour financer les priorités. En parallèle, il faut un vrai débat sur les questions de long terme. Il passe par la mobilisation de la société civile, c'est-à-dire chacun d'entre nous. Le débat sur le chiffrage est un premier pas qui ne demande qu'à être dépassé.
Il faut en résumé plus de vrais débats sur ce qui relève des choix politiques et moins de faux débats sur ce qui n'en relève pas, comme l'état des lieux ou la performance réelle des politiques publiques. Car les faits sont têtus : on ne les ignore à court terme qu'au prix de la préparation des crises de demain. L'observatoire du long terme se fera donc une mission de les rappeler.
Vincent Champain, économiste, et Fabrice Heyries, directeur du développement durable de Groupama, animent l'observatoire du long terme de l'Institut de l'entreprise (observatoire@longterme.net)

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dimanche, novembre 06, 2011

Fukushima à Athènes : milliards contre milliards

* Selon the Economist, le soutien public à Tepco, l'opérateur nucléaire japonais, coûtera environ 46 milliards d'euros, notamment pour indemniser les 89.000 personnes forcées d'abandonner leur domicile.

* Dans un domaine entièrement différent, le coût des abandons de créances à la Grèce coutera aux banques environ 100 milliars de dollars, soit un peu plus du double.

* Autrement dit l'accoutumance au déficit peut avoir des conséquences ... nucléaires !

vendredi, octobre 14, 2011

Un génie de l'ère numérique s'en va...

Il a révolutionné le monde de l'informatique : sans lui pas de téléphones intelligents tels que nous les connaissons, pas de développement des systèmes informatiques de toute nature (des plus petits aux plus gros).
RIP Dennis Ritchie, inventeur du langage C et co-auteur d'Unix.

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samedi, octobre 01, 2011

La théorie des trois i

Selon Warren Buffet, l'économie suit le cycle des "trois I" : d'abord des innovateurs, qui inventent un nouveau modèle, ensuite des imitateurs, qui le diffusent et le généralisent, pour finir par des imbéciles, qui poussent les promesses d'innovation au-delà du raisonnable, et créent une bulle financière qui finit par éclater, à l'image de la crise de 2000 (une génération après l'invention de l'internet) ou de celle des 2008 (une génération après les grandes dérégulations des marchés financiers).


La question est donc : où sont les innovateurs du prochain cycle ?

mardi, septembre 20, 2011

Réforme publique : des comptables aux stratéges

(Article paru dans Les Echos le 17 septembre)


Le premier serait d'ignorer le présent et la nécessaire réduction des déficits. Le second serait d'insulter l'avenir, en limitant le débat à plus ou moins de moyens et en ignorant les impératifs qui s'imposeront au cours du prochain mandat, une fois l'équilibre des finances rétabli.

Car l'analyse des cycles de la réforme publique montre des tendances claires. Sur les cinquante dernières années, le premier de ces cycles est une phase de développement, qui fait passer la dépense publique de 35 % du PIB en 1960 à 42 % en 1975. Il s'agit alors d'accompagner le développement du pays, en construisant de grands services publics comme celui de l'emploi, en élargissant l'accès à ces services (comme pour l'enseignement supérieur) et en accompagnant l'activité des entreprises. Une croissance forte et une hausse régulière des prélèvements ont permis de mener cette phase sans gros effort de gestion.

Le choc pétrolier entame un cycle de dérapage budgétaire. Les dépenses publiques atteignent 55 % du PIB en 1995, alors que celle des recettes subit une croissance économique réduite. Les tentatives de relance économique font gagner quelques points d'activité à court terme, mais augmentent en contrepartie la dépense et les déficits publics. La dette progresse, tout en restant soutenable et sans devenir un réel enjeu de débat.
Après 1995, l'adoption du Pacte de stabilité et de croissance et la surveillance des critères de Maastricht donnent une dimension politique nouvelle à la maîtrise des dépenses, conduisant les gouvernements successifs à tenter de maîtriser les taux de prélèvement et de dette. Avec des premiers résultats : des services d'accompagnement des réformes, des services comme la DGME ou l'Anap ont été créés et la LOLF a démontré la possibilité d'un consensus non partisan sur ces sujets. Les dépenses de l'Etat diminuent depuis dix ans et l'objectif de dépenses de santé a été respecté en 2010. Mais cette tâche n'est pas achevée pour les dépenses locales (+ 1,8 point de PIB de 1998 à 2008) ou sociales (+ 0,8 point). La crise a enfin rendu ces efforts peu lisibles, l'effondrement des recettes effaçant les économies réalisées. Elle véhicule également une vision de court terme.

A rebours d'une crise qui pousse vers le court terme, tant il est urgent de donner des gages aux marchés sans lesquels notre pays ne peut plus payer ses dépenses courantes, le cycle suivant sera très probablement celui de la valeur du service public. Dans un cadre financier contraint par construction, les efforts de gestion s'orienteront vers deux questions : celle de la focalisation (compte tenu de moyens contraints, sur quels services concentrer les moyens et l'attention publics ?) et celle de l'évaluation (quelle est la valeur des services pour les usagers et comment l'améliorer ?). Certes, des prémices ont vu le jour sur l'évaluation, nationales avec la mission d'évaluation des politiques publiques ou mondiales avec l'évaluation Pisa sur l'éducation. Mais elles comptent encore peu dans la décision publique. L'évolution des missions a certes été abordée via les externalisations de la Défense ou l'extension des droits fondamentaux à l'accès Internet lors du jugement du Conseil constitutionnel relatif à l'Hadopi. Mais il manque une réflexion d'ensemble sur l'adaptation des services publics à l'évolution des besoins du public et aux possibilités offertes par la technologie.

Le prochain quinquennat marquera une transition entre ce cycle et le cycle actuel. Les projets qui le préparent devront donc passer deux tests. Le premier sera le test du réalisme : proposent-ils des moyens crédibles de réduire la dette publique ? Le second sera le test de la vision : quelles sont les réformes proposées pour améliorer la performance des grands services publics - éducation, santé, emploi ? Et la réponse ne pourra se limiter à mettre plus de moyens : il faudra préciser quels objectifs vont être améliorés et comment.

Car si les efforts pour rétablir l'équilibre des comptes publics resteront nécessaires, il faudra se défier des deux façons de parvenir à la faillite : à court terme en ignorant les comptes, à long terme en négligeant la valeur.

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