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mardi, septembre 10, 2013

Transatlantic Trade and Investment Partnership: An opportunity not to be missed

Will the proposed transatlantic partnership harm our social model, as is sometimes argued?
It should straightaway be noted that the elimination of tariffs between Europe and the United States cannot have such consequences. The trade concerned - between countries of similar development levels - is closer to that which binds together France and Germany than to that with low-cost countries or countries practicing dumping.
In addition, its mandate already excludes the broadcasting sector and article 8 indicates that the negotiation should ensure “a high level of protection of the environment, workers and consumers, preserving the regulatory acquis of member States”.
Studies in the United Kingdom, Germany and France find that the agreement will result in 0.2 % to 0.5 % GDP growth to the horizon of a decade - more than €100 billion in annual revenue in Europe and more than 100,000 jobs in France only.

NEITHER NAIVETY NOR PARANOIA

We can discuss estimates based on economic models but it is difficult to hold that such an agreement between Europe - a zone just emerging from recession (+0.3 % in the second quarter) - and the United States - a country whose growth will exceed 2 % in 2013 - will not boost opportunities for our businesses. For a cyclist who wants to accelerate without doping, there is nothing better than to ride a tandem bicycle. And the United States will eventually get a 0.5 GDP point increase over the Old Continent simply due to its demography.
But let us have a look at the content of the agreement. Its goal is not only to reduce tariffs – e.g. on French products imported into the United States - but also to simplify trade rules, in particular through a “convergence of standards”. Nowadays, for example, selling a refrigerator in the United States or in Europe requires the manufacturing of electrical cables of different lengths. Those who remember the benefits of introducing standard phone chargers will appreciate.
More generally, the agreement will offer European businesses easy access to a market representing 40 % of world trade. European SMEs will be the main beneficiaries. They will have access to the American market as easily as they access their domestic market.
In this context, the negotiation has to be addressed without naivety or paranoia. To be sure, the United States will try to exclude certain points from the talks; Europe will do the same. France already has clarified its position on the broadcasting industry.

NATIONAL ECONOMIC PREFERENCE, A BAD SOLUTION


That is why those who raise the specter of chlorine-decontaminated chicken, meat with hormones or the invasion of genetically modified organisms have misread the letter of the mandate: preservation of the EU acquis. They also forget that the final text will not be applied before a vote by the European Parliament: nothing will be decided that is not democratically validated. At a time when France suffers from rising unemployment and the gloomy outlook of low growth, it might seem tempting to play the card of national social preference - that is to say the refusal of the outside world and the search for scapegoats. National economic preference, that is to say the refusal to trade, is a poor answer to real questions. 

The transatlantic partnership project will not solve all our problems, but it is a great opportunity to support our social model if the agreement is associated with real safeguards. All these elements obviously need debate. But it would be preferable that it be informed by facts rather than by prejudice.

samedi, novembre 20, 2010

Démondialisation et protectionnisme : comment concilier défense du modèle social et efficacité économique ?

« C'est ainsi que le droit de douane annule délibérément l'effet de ce qu'on appelle le progrès, qu'il prétend nous ramener à l'état où le monde se trouvait lorsque les transports étaient sinon impossibles, du moins extrêmement onéreux. Un droit de douane disait Bastiat, c'est un antichemin de fer." (J. Rueff, 1980)


Les droits de douane ont mauvaise presse auprès des économistes, qui y voient des outils de protection de certains secteurs économiques insuffisamment compétitifs au prix d’une « taxation » invisible des consommateurs – la collectivité dans son ensemble étant globalement perdante, seuls les secteurs protégés étant gagnants.

A ce sujet, le prix nobel Paul Krugman citait l’anecdote suivante : imaginez un chef d’entreprise textile qui invente une machine miraculeuse qui grâce à un procédé secret, permet de diviser par 10 la production de chemises. Immédiatement, l’inventeur serait célébré comme un héros capable de démontrer l’ingéniosité nationale peut vaincre la force brute des bas salaires. Imaginez maintenant que l’on démontre en fait que la « machine miraculeuse » est en fait un entrepôt, duquel partent des convois qui expédient le textile en Chine et ramènent des chemises. Le héros serait alors immédiatement rabaissé au rang des délocaliseurs.

En partant de cette anecdote, on pourrait conclure que si l’on décidait de taxer les importations dans le second cas, il faudrait aussi taxer l’innovation. On ramènerait alors le débat sur les droits de douane au 
débat sur le modèle social : si la France peut avoir des chemises moins cher elle doit le faire, la seule question étant réussir à trouver un emploi de meilleure qualité pour les salariés et plus utile la société que la production de chemises trop chères ?

Il existe cependant d’autres types de « droits de douane », tels que la « taxe sur le carbone importé », qui vise à faire payer les coûts de dépollution qu’auraient du payer les entreprises des pays qui n’ont pas de réglementation sur les émissions. Il s’agit en effet ici de supprimer une « concurrence déloyale » en privant d’un avantage indu un concurrent dont la compétitivité se fait aux détriments de l’environnement. Il en va de même des « droits de douane sociaux », qui visent à compenser l’avantage indû dont bénéficient les pays qui font travailler dans des conditions de durée du travail, de sous formation, de représentation des salariés ou de santé indignes.
En effet, les importations de biens et de services importent indirectement un modèle social : si on souhaite disposer en Europe d’un modèle différent de celui du moins exigeant de nos partenaires (moins inégal, plus soucieux des salariés, plus écologique), il faut aller au-delà de la libre circulation des biens et services.

Si le principe théorique de ces droits est peu contestable, la mise en œuvre est extrêmement complexe – mais l’enjeu mérite probablement largement quelques études et la recherche du meilleur compromis possible entre complexité et efficacité. Reste ensuite l'essentiel : engager une discussion constructive avec nos partenaires économiques et associer ce projet à une politique ambitieuse d'aide au développement afin de convaincre nos partenaires qu'un tel dispositif ne constitue pas une mesure protectionniste déguisée mais, au contraire, une mesure parmi d’autres pour mettre en place une mondialisation plus humaine.